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jeudi 3 novembre 2016

La fleur qui pousse à l'intérieur est une librairie





Voici un jeune couple qui vient de concrétiser son rêve le plus cher : créer une librairie. Clémence Roquefort a vingt-six ans, Julien Tardif trente ans et ils viennent d’inaugurer le 15 octobre dernier, sur la jolie place des Cordeliers, dans le centre piétonnier de Dijon, une librairie-salon de thé « La fleur qui pousse à l’intérieur ». Fraîchement sortis d’une formation au métier du livre et suite à une courte expérience dans l’Édition, ils se sont forgés une conviction profonde : ne plus avoir de patron, être indépendants et vivre pleinement tout autant que librement leur passion pour les livres.  Le projet d’une librairie–salon de thé s’est alors imposé à eux. Suite à une étude de terrain et aux bons conseils de Pierre Landry, mythique libraire de Tulle, ils se sont lancés. Le joli nom de leur enseigne est tiré de « Vous n’aurez pas ma fleur » une chanson du chanteur libertaire, François Béranger disparu trop tôt sans faire de bruit en 2003 . La note est donnée, voici un lieu  d’engagement pour la défense du livre,  de la littérature, du bien vivre et du bien manger (les gâteaux sont faits maison et bio).  

Quel est le livre culte pour vous, qui est le plus emblématique de votre librairie et que vous défendez avec ferveur 
« 2666 » de l’écrivain chilien Roberto Bolaño (Éditions Bourgois). Un grand et gros livre borghésien à souhait et que l’on ne peut raconter. On rentre dans un genre littéraire (entre polar et érudition) pour en sortir et en découvrir un autre, sans jamais avoir le fin mot de l’histoire. C’est magistral, une expérience de lecture hallucinante.  

Une brève de librairie :
Quand nous parlions de notre projet de librairie-salon de thé, on nous a posé cette question surréaliste  « Et on pourra aussi acheter des livres ? »

La fleur qui pousse à l’intérieur
5 place des cordeliers
21000 Dijon

03 80 47 94 71

mardi 12 janvier 2016

Quand la littérature vous monte au nez






L’audace, voilà ce qui caractérise  le plus la librairie–papeterie Grangier. L’audace qu’a eu son créateur Jean-Jacques Schaer en s’installant dans les locaux d’un ancien cinéma porno. L’audace de sa repreneuse Simone Hisler, libraire de l’Est, qui en 2012 a relevé le défi  de donner un nouveau souffle à la plus grande librairie indépendante de Bourgogne. Elle n’a pas hésité alors  à lancer de grands travaux de rénovation sur les 1000 mètres carrés répartis en cinq étages. Audace, quand  l’été dernier la librairie a communiqué en  affiches 4X3  dans la ville avec un slogan a deux niveaux de lecture « Livresse : nf sensation heureuse provoquée par une lecture prolongée ».  Voilà chez Grangier, on ne boude pas son plaisir.  De lire, bien évidemment mais aussi d’écrire avec un rayon pour les amoureux des stylos et des jolis papiers. Enfin Grangier aime surprendre les Dijonnais en créant des évènements.  Comme la mémorable venue de Georges R.R Martin l’auteur de la saga culte Games of thrones (Pyglamion). C’est avec Delphine de Loisy que nous échangeons à propos de ses derniers coups de cœur. 



Quel est le livre qui vous tient particulièrement à cœur et que vous défendez depuis toujours avec ferveur ?
« Le sourire étrusque » de José Luis Sampedro (Métaillé). L’histoire d’un vieux paysan calabrais assez rustre, qui tombe gravement malade et doit  quitter son village natal pour Milan afin de se faire soigner. Il y rencontre alors son petit fils de treize mois. Tout l’amour qui lui reste, il va le lui donner. Mais est-ce vraiment son dernier amour?  Ce livre c’est l’Italie sous la plume d’un auteur espagnol.  C’est un texte généreux qui mêle le rire, les larmes, la surprise, l’amour. Je le conseille tellement que certains  m’appellent même  « Mademoiselle sourire étrusque ».



Une brève de librairie :
Un grand monsieur très chic, aux lunettes toujours assorties à ses chaussures,  venait très régulièrement acheter pas moins d’une dizaine de livres. Sans un bonjour, sans un sourire, sans un au revoir. Nous pensions qu’il n’avait pas besoin de conseils car il constituait sa pile sans s’adresser à nous. Un jour nous l’entendons s’écrier haut et fort  dans la librairie: «  Delphine n’a rien aimé ? » En fait, il choisissait ses ouvrages en lisant les petits mots que j’écrivais à côté sur des marques pages, comme on le fait avec mes collègues pour signaler  nos coups de cœur. 


Et puis aussi cette dame qui a réussi cette prouesse inimaginable pour moi de me mettre les larmes aux yeux en me parlant d’un roman… de Danielle Steel.

Librairie papeterie Grangier
14 rue du château
21000 Dijon
03 80 50 82 50