Affichage des articles dont le libellé est songe à la douceur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est songe à la douceur. Afficher tous les articles

mardi 23 janvier 2018

Au temps des livres


Ancienne bibliothécaire, Aurélie Bouhours  a porté pendant dix ans son rêve d’avoir sa librairie. En 2007 à l’aube de ses quarante ans, celui-ci s’est accompli à Sully-sur-Loire tout près du très visité château du même nom. Quand il a fallu baptiser son enseigne, elle a eu du mal à trouver. « Je voulais que ce soit un peu drôle, mais on me disait de ne surtout pas faire de jeux mots». C’est en pensant à son père brocanteur et à l’odeur des livres qu’elle aime tant, que s’est imposé « Au temps des livres » comme un hommage littéraire à sa passion pour l’objet relié, son papier et son âme. Mais ne vous fiez pas aux livres anciens qui ornent la jolie devanture rouge, vous êtes bien dans une librairie généraliste à la pointe de ce que la littérature contemporaine peut proposer. Bons conseils de lecture, assurés.  

Quel roman français voulez-vous nous faire découvrir ?
« Mistral perdu ou les évènements » de Isabelle Monnin (Editions JC Lattès). La relation entre deux sœurs dont l’une va disparaître  brutalement à 26 ans. Deux filles dans les années 70, avec la grande et la petite histoire qui se rencontrent et se télescopent. Ce texte permet de comprendre comment on vit avec le manque. Il m’a bouleversé.

Du côté de la littérature étrangère, que nous conseillez-vous ?
« Lettre à Helga » de Bergsveinn Birgisson. (Editions Zulma). Au cœur de la lande islandaise,  âpre et sauvage, un vieil éleveur de brebis écrit à la seule femme qu’il a vraiment aimée d’une passion hélas impossible. Cet homme simple et touchant nous raconte l’histoire de son amour raté avec une profonde sensibilité.

Y a-t-il un premier roman qui vous a particulièrement marqué ?
« Ces rêves qu’on piétine », Sébastien Spitzer (Éditions de l’Observatoire).
Deux parcours qui se recoupent. Celui d’une petite fille qui fuit les camps de concentration durant les marches de la mort et celui de l’énigmatique Magda Goebbels qui va entrainer ses enfants dans sa chute  lors de l’effondrement du IIIème Reich. Un livre grave, mais très bien construit et tout à fait passionnant.

Quel livre vous êtes-vous promis de lire ?
« Voyage au bout de la nuit » de Louis Ferdinand Céline (Folio). Il m’oppresse, me glace. Quand je l’ai en main, je n’arrive pas à respirer. Mais je me suis jurée qu’un jour j’en viendrai à bout.


Quel est le livre culte le plus emblématique de la librairie que vous défendez avec ferveur ?
J’en ai deux. « Songe à la douceur » de Clémentine Beauvais (Éditions Sarbacane). Une réécriture d’Eugène Onéguine de Pouchkine. Une histoire d’amour entre deux adolescents qui se sont aimés et se retrouvent dix ans plus tard. L’écriture en vers est époustouflante. Ce texte est une perle avec un travail typographique  exceptionnel.   C’est presque un roman cinématographique. Le deuxième, c’est « Eux sur la photo » de Hélène Gestern. (Éditions Arléa).  L’histoire d’une femme qui a perdu sa mère quand elle avait trois ans et qui découvre dans les  papiers de la famille, une photo  de la disparue avec un homme qu’elle ne connait pas. Elle va tenter de le retrouver. C’est un échange épistolaire captivant autour de la découverte d’un secret de famille.  

Une brève de librairie :
Elle a un lien avec « Eux sur la photo ». J’ai rencontré un lecteur belge qui faisait du tourisme à Sully. Je lui conseille ce livre et en retour il m’envoie un message qui m’a marquée. Il avait perdu contact avec sa femme et ses enfants.  Après la lecture de ce texte, il s’est dit qu’il fallait absolument qu’il ne déménage pas pour que ses enfants le retrouvent avec les photos qu’il leur a laissées et qui pourront les aider dans leur enquête si un jour il leur prenait l’idée de reprendre contact avec lui. 

Au Temps des livres
5 Rue Porte de Sologne
45600 Sully sur Loire
02 38 05 58 39



vendredi 9 juin 2017



Ne vous méprenez pas, en dépit de son nom qui évoque cette plante hallucinogène associée aux rituels magiques, cette librairie n’est aucunement ésotérique . Née en 1991 de la fusion de deux librairies, l’une spécialisée jeunesse, l’autre orientée littérature, la Mandragore  est devenue généraliste en offrant d’autres rayons comme les sciences humaines ou la bande dessinée. Lætitia Tillier et Laurent Thomashausen ont repris l’enseigne en 2014 en douceur dans un esprit de continuité. Toujours partants pour des manifestations hors les murs, La Mandragore  en association avec  l’Espace des arts et la bibliothèque municipale de la ville, organise tous les deux ans depuis 6 ans, une manifestation littéraire intitulée « Pages en partage » où des lecteurs lisent l’œuvre d’un auteur  pour ensuite  partager avec ce dernier et le public, le fruit de leurs échanges. C’est Lætitia Tillier qui nous reçoit aujourd’hui pour partager ses derniers coups de cœur.

Quel est votre livre culte, le plus emblématique de la librairie que vous défendez avec ferveur ?
« Luz ou le temps sauvage » de Elsa Osorio (Métailié – Points). « Attention chef-d’œuvre » c’est le bandeau que nous avons mis sur ce livre qui vous embarque en Argentine sous la dictature et l’affaire des enfants disparus. Il y a deux récits qui s’entremêlent très habilement, l’un en italique, l’autre normal. Un roman follement romanesque et d’une haute tenue littéraire. 

Quel livre vous êtes-vous promis de lire ?
« Songe à la douceur » de Clémentine Beauvais dans la collection « Exprim » pour ados des Éditions  Sarbacane.   C’est l’adaptation en vers version XXI siècle de Eugène Onéguine de Pouchkine. Un livre très au gout du jour sur une histoire d’amour entre deux jeunes. Une véritable prouesse littéraire.  

Une brève de librairie :
Alors que notre façade est d’un rouge vif des plus voyants et que nous sommes situés en plein cœur de la ville, souvent des visiteurs châlonnais poussent la porte l’air étonné et nous demandent « Ça fait longtemps que vous êtes là ? » et nous de leur répondre  avec un sourire « depuis 25 ans seulement ! ».  

Librairie la Mandragore
3 rue des tonneliers
71100
Chalon-sur-Saône