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vendredi 1 avril 2016

Le renard a une femme et c'est une librairie à Montauban





Ne cherchez pas la femme–renard, c’est elle. Avant de reprendre avec Nadège Loublier la librairie Le scribe à Montauban, Caroline Berthelot était libraire à Caen. Elle découvrit alors,  un renardeau abandonné, qu’elle prit l’habitude d’emmener  avec elle à la librairie pour le nourrir les premiers jours de sa vie. Elle est devenue ainsi la «femme au renard.» Mais il y a  aussi le livre culte « La femme changée en renard » de David Garnett, un auteur britannique épatant, contemporain de Virginia Woolf , membre du Bloomsbury group, qui est enterré à Montauban. C’est ainsi, à la croisée de ces deux histoires romanesques que le nom de cette enseigne s’est imposé. 

Du dynamisme, ces deux libraires  en ont à revendre et c’est dans cet esprit qu’elles font vivre leur passion hors les murs en participant à de nombreux  festivals littéraires,  dont « Place aux nouvelles » ou encore « Lettres d’automne ».  Ce n’est pas moins de 40 manifestations  auxquelles elles s’associent tout au long de l’année.  Située en centre-ville, « La femme-renard » n’est qu’à 100 mètres à vol d’oiseau de la plus grande librairie de la ville ce qui l’oblige à cultiver ses différences et son positionnement de niche en étant  très sélective sur ce choix. 

Quel est le livre le plus emblématique de la librairie que vous défendez depuis toujours avec ferveur ?
J’ai toujours à porter de main «  Le poids des secrets » de  Aki Shimazaki (Actes sud). J’aime cette pentalogie qui est une jolie passerelle pour amener les gens à découvrir une autre littérature, plus exigeante. Pour ceux qui lisent peu, c’est une écriture simple et accessible tout autant que belle et profonde.  La force de l’évidence. 

Brève de librairie.
Quand nos clients voient des objets en forme de renard, ils ne résistent pas à l’envie de nous les offrir. C’est ainsi que malgré nous, à cause de notre nom, nous nous retrouvons avec une collection de renards empaillés, dont l’un très kitch qui porte une voilette. Le plus souvent ce sont de vieux renards de famille poussiéreux, redécouverts dans les greniers. Même si ces attentions nous touchent, nous tenons à préciser que nous aimons surtout et avant tout cet animal vivant.

La femme renard
115 Faubourg Lacapelle
82000 Montauban

05 63 63 01 83

mardi 29 mars 2016

Ici on n'écaille pas les huîtres mais on y trouve des perles




Quand on aperçoit de loin en remontant la rue du Théâtre dans le 15em la belle devanture d’angle, bleue et blanche de « L’écailler » on ressent immédiatement un appel d’air marin. Mais ne vous y trompez pas, ce n’est ni un restaurant de poisson ni  un marchand d’huîtres, mais une librairie généraliste. Son nom vient d’un de ses fondateurs dont la maison d’édition à Marseille s’appelait « L’écailler du Sud » (Pied de nez à une revue intello qui s’appelait  « Lait caillé du Sud »). Cet éditeur souhaitait avoir un point de chute à Paris pour sa maison qui soit aussi une librairie. Il s’est alors associé avec cinq copains journalistes qui voulaient défendre le livre. Depuis, il a quitté l’aventure, mais le nom est resté.

Alors que toute jeune étudiante, elle était venue à « L’écailler » pour faire des extras au moment des coups de chauffe, cela fait dix ans maintenant que Lucile Donnart est  devenue la libraire qui accompagne le développement de l’enseigne qui est  ne cesse de s’agrandir. Depuis 2012 elle est gérante-associée.  « J’ai attrapé le virus  du métier, que j’ai toujours dans la peau»,  nous dit-elle avec des flammes dans les yeux. Ses clients, elle avoue s’y attacher comme des amis et aime les accompagner dans leurs choix de lecture comme elle le fait avec nous aujourd’hui en nous livrant ses coups de cœur.

Quel est votre livre culte que vous défendez inlassablement  avec ferveur?
« Le poids des secrets ». Ce roman en cinq volumes d’Aki Shimazaki  (Actes Sud). Cinq courts récits où l’on entend cinq voix différentes autour d’une histoire de famille entremêlée de mystères et de secrets.  L’ écriture courte va à l’essentiel  et c’est un émerveillement à chaque page. Une vraie pépite.

Une brève de librairie :

Une cliente très fidèle est devenue une amie au fil du temps et de nos échanges littéraires. En lui conseillant ses lectures, sans le savoir je l’ai formée à ce beau métier de libraire puisque depuis nous travaillons ensemble ici. Du coup, elle connaît parfaitement notre fonds presque aussi bien que moi. J’aime cette histoire de transmission, d’être passeur d’une profession. 

Librairie L’écailler
101 rue du Théâtre
75015  Paris
01 45 75 30 72

mercredi 2 décembre 2015

"La vie devant soi" quel joli nom pour une librairie





La vie devant soi
76 rue du Maréchal Joffre
44000 Nantes
02 49 44 28 55 

Baptisée du titre d’un roman d’Émile Ajar (Romain Gary), cette librairie nantaise vient tout juste d’être créée en octobre dernier.   Pour Charlotte Desmousseaux qui porte ce projet depuis 13 ans, c’est une nouvelle vie qui s’offre à elle. Une vie de libraire, celle dont elle rêvait.  Elle a fait le choix délibéré de s’éloigner du centre-ville et s’est installée dans le quartier Joffre, à la fois populaire et à forte identité culturelle. La librairie se situe entre le Musée des Beaux-arts et le Château des ducs de Bretagne. Soutenue par son mari Étienne Garnier qui est artiste peintre, elle organise des expositions de peintures et de photos. Elle veut faire de la librairie, un lieu de rencontres vivant et chaleureux qui a l’image des commerces de proximité qui l’entourent, tisse un lien social fort. 

Quel est le livre qui vous tient le plus particulièrement à cœur et qui est emblématique de la librairie ?
Le livre que j’aime tout particulièrement mettre entre les mains de mes lecteurs c’est « Fugue » d’Anne Delaflotte Mehdevi (Actes Sud). L’histoire d’une  jeune femme qui passe de son rôle de mère à celui de femme. En recherchant sa fille disparue -  qu’elle finit par  retrouver-  elle perd sa voix à force d’avoir crié son nom. Suite à une thérapie, elle découvre qu’elle a les capacités vocales d'une chanteuse lyrique et qu’elle pourrait avoir un parcours artistique devant elle.


Brève de librairie :
Notre histoire est trop brève pour avoir des anecdotes. Mais j’ai le sentiment en quelques semaines de faire déjà partie du quotidien des gens et qu’ils viennent naturellement acheter un livre comme une baguette de pain.  Et ce lien,  cette réelle proximité, ça fait du bien.