lundi 3 octobre 2016

Bien plus qu'une droguerie, une librairie





« J’ai une vie et dans ma vie il y a une librairie ».  Voilà ce que déclare de but en blanc, le chaleureux et très direct Loïc Josse lorsqu’on lui demande de nous raconter l’histoire de « La droguerie de marine ».  Sa vie, c’est la mer. Ancien cadre dans l’industrie, il ne résiste pas à l’appel du large et la découverte des horizons lointains à la rencontre des autres. Aussi, quand il y a 25 ans, il décide de larguer les amarres d’une vie professionnelle toute tracée, n’y connaissant rien à l’époque au marché du livre, il acquiert dans un premier temps la droguerie de Marine en bas de chez lui où il s’approvisionne en produits d’entretien de bateaux. Situé dans un ancien entrepôt portuaire du quartier commerçant de Saint Servan, voilà un lieu magique fait de chêne et de granit où Loïc Josse fait le pari de proposer une offre de livres sur la navigation, la mer, les voyages. Petit à petit ce lieu insolite devient une librairie maritime de référence au niveau local, mais aussi international, tout en préservant son cœur de métier : la droguerie. La rencontre avec Michel Le bris créateur du Festival Étonnants Voyageurs de Saint Malo, va être déterminante et plonger Loïc Josse dans le grand bain de la littérature, hors des sentiers battus germano-pratins . Puis en 2011, Isabelle Bossart qui a passé 15 ans chez Mollat à Bordeaux, rejoint la librairie pour développer avec succès l’offre généraliste. Le vent du succès ne cesse de souffler dans les voiles du navire de cet étonnant libraire–navigateur. En 2015 juste en face dans la même rue,  il ouvre la petite sœur de la Droguerie de Marine spécialisée en littérature jeunesse et bande dessinée qu’il baptise justement « La droguerie d’en face ». C’est accompagné d’Isabelle Bossart qu’il nous reçoit pour nous livrer leurs précieux conseils de lecture de l’automne.

Quel est le livre le plus emblématique de la librairie que vous défendez depuis toujours avec ferveur.
Nous aurions pu vous citer des œuvres de Conrad, Stevenson ou London. Mais il y en a un qui s’impose comme l’essence même de la littérature : Moby Dick de Herman Melville. Ce roman total est à la fois symbolique, métaphorique, biblique même. Nous vous recommandons la  nouvelle traduction de Philippe Jaworsky  dans la Pléiade qui est remarquable.

Une brève de librairie :

Le souvenir d’une aventure éditoriale qui a vu le jour sur notre stand du festival des Étonnants voyageurs en 2009. C’est la rencontre d’une consœur et amie, libraire de marine et de voyage : Michèle Polak , rue de l’Echaudé à Paris et d’Alain Dugand auteur de chez Fayard. Ils ont sympathisé autour de leurs passions pour les incunables, des livres de récits maritimes du XVIIe et XVIIIe siècles,  des planches de gravures extraordinaires de récits d’explorations sur les océans. Ils ont alors ensemble l’idée d’un beau livre et croisent, toujours sur notre stand, Lionel Hoëbeke  Editeur qui va concrétiser leurs vœux en publiant avec eux  en 2011 le merveilleux « Trésor des livres de mer de Christophe Colomb à Marin-Marie ».

Librairie droguerie de Marine
66 rue Georges Clémenceau
35400 Saint-Malo
02 99 81 60 39

mardi 12 juillet 2016

Indispensable Présence Africaine




Vous ne pouvez pas rater cette librairie du quartier latin. À deux pas du Collège de France, sur son fronton on distingue le motif majestueux d’un haut de masque Dogon couleur soleil sur fond ébène. Ce dernier représente un homme debout,  un symbole puissant pour l’homme noir et son continent : l’Afrique.  Avant d’être l’incontournable librairie du monde africain au cœur de Paris qui a ouvert ses portes dans les années 60, « Présence Africaine » est une revue fondée en 1947 par Alioune Diop (1910-1980). Elle existe encore aujourd’hui. C’est aussi une prestigieuse maison d’édition, dirigée par Christiane Diop, veuve du fondateur qui publie des auteurs d’Afrique au sens large, à la fois du continent et de la Diaspora.  Libraire depuis presque 20 ans en ce lieu historique d’échanges et de rencontres, Marie Odile Boyer nous reçoit pour nous faire découvrir et partager cette littérature exigeante et foisonnante avec laquelle il faut compter. 

Quel est le livre le plus emblématique de la librairie et que vous défendez avec ferveur ?
Il y a deux livres piliers : « Nations Nègres et cultures » de Cheikh Anta Diop  (Présence Africaine) qui démontre l’antériorité des civilisations noires dès l’Égypte antique et « Cahier d’un retour au pays natal » d’Aimé Césaire (Présence Africaine), sa première œuvre poétique qui crie son attachement à sa terre, à son peuple, à la force de son peuple qui a traversé l’ignominie de l’esclavage. Breton avait lui même été touché par ce texte profondément surréaliste. 


Une brève de librairie
 Un moment un peu surnaturel, un client s’approche du rayon poésie et son regard s’accroche au  « cahier d’un retour au pays natal » de Césaire, et là, il se met à déclamer, de mémoire, les premiers vers. Quand il s’arrête un autre client qui avait tourné la tête en l’entendant prend la suite, puis un troisième. Et pendant un moment ces trois hommes ont échangé comme s’ils se retrouvaient après une longue séparation...
 Présence c’est comme ça, c’est un lieu assez magique, où les gens se rencontrent, se retrouvent, se ressourcent, se donnent rendez-vous, se cherchent... Présence est une source.

Librairie Présence Africaine
25 bis rue des écoles 
75005 Paris
01 43 54 15 88 



Des lucioles pour voir dans l'obscurité


Impossible à Vienne de passer à côté du Forum, l'un des plus beaux monuments de la Gaule romaine. En face de ce temple d'Auguste et de Livie édifié au 1  er siècle avant J.C vous ne pourrez manquer la majestueuse librairie Lucioles. Éclairante et lumineuse au cœur de l’obscurité voilà comment Michel Bazin et Norbert Parazon, à l’image de ces petits insectes ont imaginé leur librairie lorsqu’ils l’ont créée en 1976.  Donner le goût de la lecture et ouvrir les esprits à la culture est la mission qu’ils s’étaient assignée à l’époque et que poursuit aujourd’hui fidèlement la toute jeune équipe à qui Michel Bazin a passé la main : Renaud Junillon son bras droit depuis des années et Alain Bélier, fidèle lecteur, tous deux co-gérants de l’enseigne depuis 2011.  Sur les quarante dernières années et après plusieurs déménagements, la librairie s’est développée considérablement en passant de 30 m2 aux actuels 200 m2.  Au fil des ans, de nombreuses initiatives ont vu le jour : le Prix lucioles (l’un des premiers prix de libraire en France), le prix junior, le prix lycéen et le prix BD,  tout cela assorti d’une politique d’animations et de rencontres très soutenue. C’est Renaud Junillon qui nous accueille pour nous faire partager ses livres coups de cœur.



Quel est votre livre culte, qui est le plus emblématique de la librairie ?
« Les saisons » de Maurice Pons qui vient tout juste de disparaître en juin dernier (Bourgois). Une de mes premières découvertes quand je suis arrivé à la librairie. Un roman fabuleux, nous le remettons sans cesse sur notre table de nos choix. Une histoire sombre, dérangeante, kafkaïenne à souhait, mais magnétique. C’ est un grand classique, il y a ceux qui l’ont lu et les autres. Et pour les premiers c’est l’un des plus beaux livres qui soit. 

Brève de librairie :
Comme tous nos confrères, nous avons des perles comme « Avez-vous la ferme des animaux d’Orson Welles ? », mais celle qui m’a amusée, c’est un homme qui voulait savoir si nous avions « Homicides multiples dans un hôtel du bord de Loire » de l’écrivain de polar anglais L.C Tyler (Sonatine). Nous lui répondons par l’affirmative et là, très amusé,  il nous rétorque « C’est moi l’auteur ». Il voulait juste vérifier que nous avions son livre.

Librairie Lucioles
13-15 Place du palais
38200 Vienne
04 74 85 53  08


Des livres et des Tartines à Sarrant



En 2000 quand Didier Bardy et Catherine Mitjana ont fait une étude de marché pour créer une librairie dans ce joli petit village fortifié du Gers, tous les critères étaient négatifs. Et c’est justement pour cette raison qu’ils se sont lancés dans ce projet fou qui aujourd’hui est une réussite. Ne dites pas à cet ancien chargé de mission en développement rural que la clé du succès c’est son idée de Tartinerie qui propose des livres. Non pour lui c’est une librairie qui propose des tartines, la nuance est de taille. C’est un lieu selon lui « d’utilité publique », où les gens vivent des temps de repos, de partages et peuvent s’adonner à toutes leurs gourmandises, mais avant tout celles du cœur et de l’esprit. Car il s’en passe des choses à la Librairie Tartinerie. En plus des traditionnelles rencontres, lectures et dédicaces, l’équipe organise des spectacles de musique et de théâtre, des expositions et aussi  chaque année  « Les Estivales de l’illustration » pour les fous de dessins et amateurs d’images. C’est Didier Bardy qui nous reçoit pour nous faire part de ses enthousiasmes du moment. 

Quel est le livre culte pour vous que vous défendez depuis toujours avec ferveur ?
« Le livre de l’intranquillité » de Fernando Pessoa. Un texte que vous pouvez ouvrir à n’importe qu’elle page et vous vous échappez, vous réfléchissez, vous méditez, vous vous évadez.  Sa poésie est magnifique.  

Une brève de librairie
Il y a des rencontres à la librairie qui vont parfois jusqu’à des mariages. On voit des  familles se former, des gamins naître et grandir. C’est cet élan de vie, ces liens qui se créent qui nous touchent le plus. 


La Librairie Tartinerie
Place de l’église
32120 Sarrant

05.62.65.09.51

mercredi 22 juin 2016

Paris perdu: le Tabou à Saint Germain des Près


Ce mythique club de jazz  était installé dans la cave d'un petit bistrot rue Dauphine à l'angle de la rue Christine. Inauguré en 1947 il devient très vite le rendez-vous des zazous, des existentialistes et  de tous les intellectuels, écrivains, journalistes, artistes de Saint-Germain des près.  On pouvait y croiser entre autres: Queneau, Artaud, Sartre et Beauvoir, Miles Davis, Gaston Gallimard, Juliette Gréco en animatrice et ambassadrice des lieux.


" Très vite le Tabou est devenu un centre de folie organisée" Boris Vian

Défi autoportrait


L'an passé, j'ai relevé le défi lancé par les Urban Sketchers de réaliser un autoportrait par jour. Mission accomplie, je ne pouvais plus m'arrêter. Voici une sélection de mes réalisations au fil des jours, au grès de mes inspirations et de mes humeurs.  

Au calame à l'encre rouge et noire 


Après mon yoga


Après l'expo Tudor


A la façon de Jacques de Loustal pour Série Noire

A la façon de Frédéric Pajak dans le Manifeste incertain

En petite fille sage dans le miroir ancien de ma mère



Autoportrait dans le noir
Après l'expo Bowie








Paris sera toujours une fête


Des lieux emblématiques de notre belle capitale. Lieux de fête, de distraction, de rencontres et de partage. Cette série à l'aquarelle est un hommage à Paris, ses couleurs, sa splendeur.

Montparnasse

Montmartre




Saint Germain des Près 

Montparnasse

L'alignement du Carousel du Louvre